1393 km à pied, de Putna à Drobeta-Turnu Severin
La Via Transilvanica est un sentier de grande randonnée qui traverse la Roumanie en diagonale, du nord-est au sud-ouest, sur près de 1393 kilomètres. Il démarre du monastère de Putna, en Bucovine, et s'achève à Drobeta-Turnu Severin, sur les rives du Danube, près des vestiges du pont de Trajan.
Imaginé et bâti par l'ONG Tășuleasa Social (sans financement public, à la force des bénévoles et des dons), le chemin a été pensé moins comme une attraction touristique que comme un projet social : redonner vie aux villages traversés et relier les communautés. Sa devise le résume bien : « la route qui unit ». Le tracé s'inspire ouvertement du chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle.
En chemin, le sentier relie plus de 400 communautés et longe une douzaine de sites classés au patrimoine mondial de l'UNESCO, à travers sept grandes régions historiques et culturelles (de la Bucovine au Banat montagneux). Chaque kilomètre est jalonné d'une borne : un grand « T » orange taillé dans l'andésite, qui guide le marcheur et rythme la progression. En 2023, le projet a reçu le Prix du public Europa Nostra, plébiscité par 27 000 votants à travers l'Europe.
La meilleure fenêtre pour marcher s'étend de la mi-avril à la mi-juillet.
Je m'appelle Éric BARBÉ. J'ai —ans, je suis né le 19 juin 1967, et l'informatique m'accompagne depuis presque toute ma vie. Sous le pseudo de WolFox, je prépare aujourd'hui un autre genre de voyage : marcher seul la Via Transilvanica, d'un bout à l'autre.
Ce carnet de route racontera la préparation, puis le chemin lui-même, étape après étape : les paysages, les rencontres chez l'habitant, les bornes orange qui défilent.
Le plaisir de la marche, je le dois à mes parents. Tout petit, je découvrais déjà les sentiers (souvent juché sur les épaules de mon père). Cette envie de partir à pied, de prendre le temps de traverser les paysages, ne m'a jamais quitté ; elle a simplement grandi avec moi.
La Roumanie, n'est pas un choix de hasard. Au-delà du pays lui-même, ce sont ses légendes (vampires, loups-garous et autres créatures) qui me suivent depuis la pré-adolescence. Nées de mes lectures, ces récits de Transylvanie, de forêts profondes et de châteaux ont nourri mon imaginaire bien avant que l'idée de ce chemin ne prenne forme. Marcher la Via Transilvanica, c'est aller à la rencontre de cet imaginaire d'enfance, mais en vrai cette fois.
Et pourquoi seul ? Marcher seul sur 10 km, c'est facile. Sur 1393 km, c'est une tout autre aventure ! C'est d'abord la performance (à mon rythme, sans course ni chrono), le défi physique et personnel de tenir la distance. C'est aussi la découverte : celle du pays, et surtout celle des gens rencontrés en chemin. Et puis c'est le temps de méditer, de me mettre en phase avec l'environnement, de me laisser traverser par les paysages autant que je les traverse.